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Eolien, solaire : la France manque d’une stratégie durable

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Les usines de panneaux se multiplient en France. Mais la concurrence de la Chine suscite des interrogations sur leur pérennité à moyen terme.

Sur quelles filières miser pour remplacer les milliers d’emplois éliminés par la désindustrialisation ? Pour l’Etat et les élus locaux, les énergies renouvelables constituent une réponse évidente. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres…

Dans l’éolien, le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a recensé plus de 140 entreprises ayant une activité de fournisseurs de ce secteur sur le territoire français. Le syndicat s’emploie à élargir cette filière. Avec Capgemini, il a identifié plus de 120 entreprises ayant les savoir-faire nécessaires à la fabrication des composants d’une éolienne. Mais, partie avec retard, la France ne dispose pas de grands fabricants d’éoliennes comme le danois Vestas ou les allemands Siemens, REpower et Enercon.

Dans le photovoltaïque, le gouvernement estime que l’essor de la filière pourrait créer 11.000 emplois dans l’Hexagone entre 2007 et 2011. Pour cela, la France doit se doter d’usines de panneaux solaires. Le mouvement est lancé.  De 200 mégawatts-crêtes (MWc), la capacité de production de panneaux devrait plus que doubler dans les années à venir. L’américain First Solar va construire une usine de 100 MWc près de Bordeaux. Dans les Landes, Solarezo souhaite porter sa capacité de 12 à 60 MWc. Près de Strasbourg, Voltec Solar annonce une usine de 50 MWc. Même démarche pour Solaire Direct en Poitou-Charentes. «  Si vous créez une usine, vous vous mettez dans la poche les autorités locales et vous vous assurez des marchés », explique un expert du secteur.

Reste à voir comment assurer la pérennité de ces unités. Fournis par des acteurs comme Suntech, Yingli ou Ja Solar, les panneaux chinois ont un prix inférieur de 30 % à ceux de leurs concurrents européens. Selon « PV news », il n’y a aucun acteur français dans le Top 15 des fabricants de cellules et à peine 4 européens.

Des atouts face aux asiatiques

Partie elle aussi avec retard, la filière photovoltaïque française reste très faible à l’échelle mondiale. Comment fera-t-elle pour faire face à la concurrence de la Chine ? Ne risque-t-elle pas d’être balayée comme l’ont été en leur temps les usines de PC d’HP et Packard-Bell de Grenoble et d’Angers ? Après avoir surfé sur la vague du mobile dans les années 1990, les usines de portables d’Alcatel, Sagem ou Mitsubishi ont connu un destin similaire. «  La plupart des usines françaises de panneaux perdent de l’argent ou sont tout juste à l’équilibre », affirme un acteur allemand. Outre-Rhin, certains se contentent déjà d’assembler des équipements achetés en Chine.

Face à la concurrence asiatique, les européens ont néanmoins des atouts. «  Les lots envoyés par les producteurs chinois peuvent être très hétérogènes en termes de qualité », souligne un observateur. La notion de panneaux « intégrés bâtis » conçue par le gouvernement constitue aussi un moyen de protéger le marché français. Les innovations d’acteurs comme Exosun ou Emix offrent également un potentiel important.

L'article a été posté le lundi, février 1st, 2010 à 16 h 01 min et est classé dans la catégorie Energies renouvelables. Vous pouvez suivre l'actualité de cette discussion en consultant le flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou suivre la discussion.

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